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LA CANTALINE…
En 2050, cela
fera 500 ans que Messire Jean Nicot, ambassadeur
de France au Portugal, s’en alla en expédition
vers les Amériques.
Des tribus
Amérindiennes il rapporta, au Portugal puis en
France, une plante jusqu’alors inconnue le tabac
qui offrait des pouvoirs magiques lorsqu’on
faisait brûler ses feuilles et qu’on en
respirait la fumée.
Catherine
de Médicis, adepte des sciences occultes
favorisa l’expansion de l’herbe à Nicot. La
pratique de fumer, réservée d’abord aux nobles
gagna peu à peu toutes les couches de la
population, tous sexes confondus. On détermina
alors que les feuilles de tabac contenaient des
alcaloïdes que l’on baptisa NICOTINE.
A bien y
réfléchir l’imbroglio qui s’est actuellement
créé autour du tabac où l’on trouve pêle-mêle
l’argent, le profit, le plaisir, le rêve, la
santé, la mort et la politique exclut le
contexte global, l’intérêt général. Chacun y va
de ses intérêts particuliers.
A lire
notre presse départementale, écouter nos élus ou
organismes consulaires… je me dois de faire le
même constat de « lobbying». Lorsqu’il s’agit de
partir à la conquête de nouvelles âmes, futurs
adeptes du pays vert: entrepreneurs,
industriels, artistes, artisans… tout le monde
agit en ordre dispersé. Chacun, de son carré de
verdure, recherche avant tout ses intérêts
particuliers.
Électoralisme, démagogie, rêves, profits,
utopies?
L’intérêt
général du département est rancardé au second
plan.
La
situation est grave.
Quand
comprendrons-nous que c’est à NOUS, individus
lambda, cantaliens de base, de réagir, de nous
unir.
Sans union
point de force.
Le site
cantalpassion nous offre une vraie tribune
d’expression. Apprenons à nous en servir,
apprenons à réagir aux différentes rubriques. Ne
nous contentons pas de lire et d’oublier. Il en
va de l’intérêt général de notre pays.
A moins
qu’un savant botaniste (qu’il nous reste à
trouver) découvre dans la flore cantalienne une
herbe euphorisante que nous appellerions
Cantaline.
On
constatera alors que la consommation régulière
de cette herbe, en tisane ou en pipe, évoluera
très vite vers une accoutumance et une
dépendance qui fera de nous des excités du
système nerveux imaginatif et nous conduira à
devenir des êtres réactifs, acteurs de notre
devenir…cantalpassion rougira alors par
la multitude des mails internautiques reçus qui
constitueront une vraie force pour faire agir
ensemble nos «managers».
En
attendant Cantaline, écrivez, proposez, activez
votre système nerveux végétatif, engueulez qui
vous voulez… mais PROUVEZ QUE VOUS EXISTEZ!
PETIT PLAIDOYER POUR UN BONHEUR CANTALIEN .
On se dit
vexé parce que notre département compte autant
de vaches que d’habitants.
On pense
souvent que l’herbe est toujours meilleure dans
les prés voisins.
On se sent
malheureux parce que notre regard ne croise
jamais un TGV ou un AIRBUS en cours
d’atterrissage.
On
voudrait changer de voisin, à condition que ce
soit lui qui parte.
On
voudrait du soleil toute l’année mais pas trop
de canicule.
On rêve de
se réveiller et d’avoir la mer en face de soi,
éclaboussante de bleus.
On jalouse
l’étranger qui vient nous explorer en osant
paraître plus heureux que nous.
On
souhaite pouvoir se dire Cantalou sans provoquer
la risée.
…On se dit
alors convaincu que l’on sera plus heureux quand
l’une ou plusieurs de ces étapes seront
franchies.
LA
VÉRITÉ est que l’on cherche le BONHEUR.
Nos
pensées seront toujours emplies de regrets, de
souhaits impossibles à atteindre.
Il est
préférable d’admettre et de décider d’être
heureux MAINTENANT.
Il n’y a
pas de chemin qui mène au bonheur. Le bonheur
EST le chemin.
LE BONHEUR
EST UNE TRAJECTOIRE ET NON PAS UNE DESTINATION.
Il n’en
faut pas beaucoup pour être heureux. Il faut
juste apprécier chaque PETIT MOMENT et le
consacrer comme l’un des meilleurs moments de sa
vie:
- Rire de
tout à commencer de soi-même.
- Surfer
sur cantalpassion et se dire qu'il y a
vraiment beaucoup de choses qui se passent dans
notre département.
-
Parcourir à pied le sentier de randonnée des
Crêtes des Monts du Cantal.
- Sentir
le vent froid vous caresser la joue.
- Avoir de
vrais amis qui viennent quand on les appelle que
ce soit pour un bon ou un mauvais moment.
- Se dire
et se répéter que chez nous le mot ETRANGER veut
dire HÔTE et non ENNEMI.
- Se
persuader que tout finit par s’arranger car rien
ne dure.
- Être
convaincu que si le Midi a 100 couleurs, le
Cantal n’a qu’une couleur: LE VERT, mais avec
100 tonalités différentes.
- Faire un
voyage en TER entre Aurillac et Massiac et
apprécier les mille visages du paysage parcouru.
- Partir
découvrir un coin du Cantal jusqu’alors inconnu.
- Se
donner pour mission de faire quelque chose pour
son pays, ne serait-ce qu’en parler.
- Repenser
à toutes celles et à tous ceux qui ont façonné
notre Cantal par la sueur, le sacrifice de leur
vie, l’écriture, les Arts, la parole… et ils
sont nombreux!
Tout cela
établira une trajectoire… forte de petits
instants inoubliables.
Quelles
joies pour nous de rendre notre pays gai. Il n’y
a pas de meilleure carte postale. C’est aussi
cela le bonheur.
Retour aux sources.
Dans une
chronique précédente, je vous parlais de l’eau.
Aujourd’hui je vais à nouveau vous parler de
l’eau mais plus particulièrement de l’eau
ferrugineuse, acidulée, sulfureuse, chaude ou
froide.
Grâce aux
textes laissés par Henri DURIF réunis sous le
titre «Guide historique, archéologique,
statistique et pittoresque du voyageur dans le
département du Cantal» j’ai eu envie de vous
faire découvrir certaines sources d’eaux
minérales de notre département.
J’aimerais
d’ailleurs que des lecteurs qui fréquentent
notre site puissent nous écrire pour nous dire
si certaines de ces sources existent encore.
VIC sur
Cère: ces eaux étaient connues des Romains.
Froides, d’un goût alcalin elles étaient
recommandées dans les affections scorbutiques,
la gravelle et les fièvres.
TEISSIERES
– les- Bouliès: eaux froides, ferrugineuses et
contenant une grande quantité de gaz carbonique
(mais pas de soufre ni de bromure!), elles
étaient assimilables à l’eau de Seltz. Elles
avaient la prétention de soigner les gastralgies
et de remédier aux pâles couleurs.
SAINT
MARTIN-VALMEROUX ou FONT SAINTE, à un kilomètre
ouest du bourg, cette eau froide et piquante
donnait au vin une saveur aigrelette. Elle était
conseillée pour traiter les névropathies de
l’estomac et l’anémie.
FONTANGES,
source de La Bastide, près du bois Noir: eau
inodore, légèrement salée, délicieuse pour être
mêlée au vin. s’employait pour apaiser les
migraines.
Entre
MARCENAT ET CONDAT: la source de Trémiseau
offrait une eau âcre capable de faire mousser le
vin. On la prescrivait pour tonifier l’appareil
digestif et réparer l’affaiblissement amené par
les fièvres.
Et enfin
les eaux chaudes de CHAUDES-AIGUES qui
jaillissent en de nombreuses sources dont celle
du Par. Prises en boisson elle traite les
laryngites, les gastralgies et les maladies
nerveuses. Administrées à l’extérieur, elles
guérissent des rhumatismes, de la goutte, des
tumeurs et des engorgements du foie.
Je
rajouterai deux sources connues personnellement,
l’une minérale et l’autre prétendue miraculeuse:
COREN les
EAUX: eau équivalente à l’eau de TEISSIERES les
Bouliès semblable à une eau de Seltz.
VERNOLS:
une eau qui guérissait autrefois un mal très
répandu dans nos campagnes: l’ergot du seigle.
Amis
cantaliens, n’hésitez pas à nous communiquer vos
informations sur ces sources ou d’autres…
Il y a des petites misères qui nous agacent plus
que d’autres.
Je fais
partie des gens révoltés par le fait que la
bonne tartine de confiture préparée à partir
d’une savoureuse tranche de pain de seigle
retombe systématiquement du mauvais côté (celui
bien entendu de la confiture) lorsqu’elle vous
échappe. Je suis sûr que vous partagez les mêmes
agacements face à ce véritable fléau du petit
déjeuner.
Vous
portez accusation au sommeil, qui ne vous a pas
encore quittéou au réveil dont la sonnerie vous
a trop brusquement tiré du lit.
Il est
vrai que démarrer la journée par un bon petit
déjeuner composé d’un excellent café au lait et
de tranches de pain beurrées ou «confiturées» -
ou les deux superposées - présage d’une journée
qui devrait se passer sans problème!
L’inverse
serait-il annonciateur d’une journée de galère?
seule une voyante «extra-glucide» pourrait le
confirmer!
Mais
pourquoi donc dans le Cantal (comme partout
ailleurs où l’on prend le temps de bien
«petit-déjeuner») les tartines vont-elles
atterrir systématiquement du mauvais côté, celui
du beurre ou de la confiture, nous obligeant
alors à dépolluer l’objet de notre convoitise
matinale et à nettoyer carrelage ou moquette?
J’avais
même envisagé, il n’y pas si longtemps de créer
un mouvement de protestation au doux nom de
«Comité de protestation contre le renversement
des tartines» le C.P.C.R.T.
Projet
aboli par le fait que je viens de découvrir les
conclusions de Monsieur R.A.J. MATTHEWS,
professeur de mathématiques appliquées et de
sciences des computers à l’université d’Aston à
BIRMINGHAM. Elles sont publiées dans la
prestigieuse revue «The European Journal of
Physics…» et me voilà à présent rassuré. Il
était de mon devoir de ne pas vous laisser dans
l’ignorance.
Cet
éminent professeur couronné de diplômes a passé
plusieurs années de sa riche vie de chercheur à
trouver les raisons de ce renversement
automatique des tartines arrivant au sol. Il
tient d’ailleurs à préciser que sa découverte
s’applique à l’équivalent pour les très
anglaises tranches de toasts. Heureusement! car
j’aurais été très ennuyé si seules les tartines
issues d’un bon pain pétri, façonné, et cuit par
un authentique boulanger auvergnat étaient
victimes d’un tel comportement scientifique! Un
bon pain doré, qui chante longtemps sous la
croûte, aux saveurs du terroir ne peut, à mon
sens, faire l’objet d’aucun reproche d’autant
qu’il n’existe depuis la nuit des temps que pour
notre plaisir nourricier et gustatif.
A partir
du phénomène de la vitesse de la lumière, de la
masse du proton (particule constitutive du noyau
de l’atome, dont la charge positive est égale à
celle de l’électron) et par le biais du rayon de
BORH et enfin de la vitesse de rotation, notre
mathématicien en arrive à la conclusion que pour
éviter à la tartine de retomber du mauvais côté
il faudrait que nous utilisions des tables d’une
hauteur de 3 mètres minimum. Ainsi la tartine
pourrait effectuer une rotation complète sur
elle-même et se rétablir dans une position telle
que l’ingrédient qui la recouvre soit sur le
dessus!
Je reste
médusé devant une telle avancée de la science.
Ainsi nous
voilà rassurés, la tartine ne nous en veut pas
personnellement, simplement nous ne lui offrons
pas les moyens de faire autrement. C’est
réconfortant!
A dater
d’aujourd’hui vous n’avez plus le droit de vous
lamenter sur les petites misères du monde.
A BON
ENTENDEUR SALUT!
Le Porteur d'eau
Quand j’eus
quinze ans , mon père m’a dit , il te faut
gagner ta vie.
Comme les garçons de ton âge , tu dois quitter
le pays.
Et depuis, loin de mon village , je me débats
dans Paris.
C’est moi le porteur d’eau , avec mes deux seaux
pour fardeau.
J’arpente les quais de la Seine , je suis tous
les jours à la peine.
Pour un modeste sou , je monte un seau d’eau
chez vous.
Sachez profiter de l’aubaine , quand passe
Baptistou.
Car moi Baptistou , je vends de l’eau fraîche ,
de la bonne eau fraîche , un seau pour un sou.
C’est moi Baptistou , toujours sur la brèche ,
et qui se dépêche , de gagner des sous.
Quand j’aurai des économies , comme tous mes
bons amis ,
J’aurai une échoppe à Grenelle , à Montrouge ou
à Bercy
Et en livrant ma clientèle , je lui conterai
ceci :
C’est moi le porteur d’eau , je n’ai plus mes
seaux pour fardeau.
Je vends du charbon , des bûchettes . Tous les
bons bourgeois m’en achètent.
En vrai fils d’auvergnat , me voilà devenu
bougnat.
Ma fortune sera bientôt faite , car j’ai
confiance en moi.
Car moi Baptistou , debout dès l’aurore , je
travaille encore , preste à vos cantous.
C’est moi Baptistou , qui nul ne l’ignore , se
vante et s’honore , de gagner des sous.
Mais l’appétit vient en mangeant , quand j’aurai
beaucoup d’argent ,
J’achèterai hôtel à Vincennes , et café-bar à
Nogent ,
Et bien plus tard , loin de la Seine , je
rêverai très souvent.
C’est moi le porteur d’eau , qui suis revenu au
hameau.
J’ai acquis un vaste domaine, je suis bien payé
de ma peine.
Pourtant pour un magnat , je suis un bon
auvergnat.
On dit que j’ai eu de la peine , je me demande
pourquoi.
Car moi Baptistou , toute mon existence , avec
insistance ,
J’ai trimé beaucoup , et si Baptistou est dans
l’opulence ,
C’est la récompense , des gars de chez nous .
LE SAVIEZ-VOUS?
Un fin
linguiste ALAIN NOUVEL vient d’avoir à répondre
sur l’origine de l’appellation de ce sommet
Pyrénéen, point essentiel de référence pour tout
Catalan: le mont CANIGOU – 2874 mètres
d’altitude-.
Le
Canigou, phare ou belvédère pour les
méditerranéens trouve mention dans une chronique
d’un moine Italien Fra SALIMBENA, sous le nom
latin de MONS CANIGOSUS. En latin chien se dit
CANIS et en pays catalan GOS ou GOUS. Cette
appellation latine rend donc deux fois CHIEN le
mont CANIGOU.
Un
Perpignanais de mes amis m’a affirmé qu’avec un
peu d’imagination, on peut confondre la
silhouette du mont CANIGOU avec une dentition de
chien.
Mais là
n’est pas l’objet de mon propos.
Revenons-en donc à Alain NOUVEL.
Selon
celui-ci il faut chercher l’explication de
l’appellation CANIGOU dans la préhistoire et
plus exactement dans une racine (je n’ai pas dit
canine) «pré-indo-européenne où KAN-T désignait
une pierre, un rocher. CANIGOU tout comme CANTAL
signifie rocher et en occitan GROSSE PIERRE;
CANTENA veut exprimer une pierraille et CANTAREL
un petit
tas de
pierres empilées dans un champ…» .
C’est donc
le mot pierre qui a donné son origine au nom de
notre cher département.
Célébrons
notre solidité. Cela vous étonne? Pas moi.
Je me sens
maintenant très proche des catalans, aux yeux
levés vers le mont CANIGOU sans lequel ils
perdraient le nord, leur boussole. Plus
qu’historique ou préhistorique le CANIGOU
demeure légendaire, mystérieux. Il est l’âme
catalane.
Et si je
ne vois pas d’un moment mon cher PLOMB DU CANTAL
je perds moi aussi le nord, ma boussole. Le
PLOMB est lui aussi légendaire, mystérieux. Il
est l’âme du CANTAL.
Enneigé
au-dessus des brumes, coiffé de nuages, menaçant
orage, il est là en toutes saisons, par tous
temps, fidèle.
Il
constitue un trésor que nous devons garder
jalousement. Nous sommes une peuplade fière et
solide comme nos amis catalans.
Et
si beaucoup sont de mon avis je vous proposerai
une fête que nous pourrions organiser pour le
prochain solstice d’été. Mais pour cela vous
devrez vous manifester en adressant des mails de
soutien à
cantalpassion
pour ce projet flamboyant.
©af.COULON
DIENNE
S’il
existe un site d’une grande beauté, apogée d’une
nature brute, sincère, parfaitement authentique
et chargée d’une rare énergie : c’est bien celui
de la vallée de la Santoire et du village de
Dienne.
Vu du
rocher de Laqueille où se situait, nous dit
l’histoire, un temple dédié à la déesse Diane
(origine du nom Dienne), le village s’étend tel
un amphithéâtre dont l’arène serait ces grandes
prairies où serpentent les eaux claires de la
Santoire et le décor de fond cette imposante
roche qui prend aux yeux du poète allure de
Sphinx.
Shinx
basaltique, gardien d’une vallée descendue du
Col de Cabre et du Puy Mary, rescapé d’une
énergie volcanique éclatée il y a des millions
d’années, il continue en puissance souveraine à
veiller, tel un sage, sur une terre de chair, de
forêt, de jour, de nuit, de couleurs et de
saisons
Imprenable
tableau quand arrive l’automne ; hommages de
roux, d’orangés et de pourpres en apothéoses
sous l’or d’un soleil qui s’éteint, et où de
petits hameaux et burons nichés dans cet écrin
mordoré, font éclater leurs toits de lauzes.
Plus tard
la neige et la tourmente hiberneront les jours
en ondes immaculées, pour les mieux réveiller
par de frêles lumignons d’or : les jonquilles
sauvages.
L’éphémère
narcisse, petit astre blanc, et la tendre
violette encenseront alors la vie et élèveront
nos cœurs pour qu’ensuite genêts, foins et
regains finissent d’éveiller nos sens olfactifs,
loin des suintements goudronneux et «
oxydaux-carboneux ».
Après la
beauté, l’énergie, la couleur et les senteurs ;
l’autre idée suggérée par ce site sera celle
d’un trait d’union mystique, tiré entre
firmament et terre où la Roche-Sphinx, témoin
mêlé aux astres impérissables, lierait Dienne à
l’univers, l’obligeant à lever les yeux vers la
dimension cosmique.
Jamais je
n’aurai ressenti autant de grandeur d’âme et
d’apaisement à contempler cet immense théâtre de
vie que des acteurs, fugitifs passagers, ont su
préserver comme un bien multi-centenaire,
berceau d’inestimables valeurs ; lui conférant
éternité…
… et le
Sphinx continuera de veiller, apaisant les
souffrances de l’âme et interdisant, tel
l’ancêtre bienveillant, la folie d’utopies
irraisonnées.
Dans ce pays nous avons des professeurs
extraordinaires ….
Je me
souviens des cours de sciences naturelles qui en
classes se cinquième et quatrième nous donnaient
l’occasion de partir en observation à
l’extérieur. Belles occasions que ces sorties
pour échapper à la surveillance de professeurs
habituellement campés sur leur estrade !
Un jour
nous partîmes découvrir le monde des insectes :
fourmis, taons, libellules, abeilles, mouches
….Traversant un pré le prof nous invita alors à
nous pencher sur une bouse de vache pour y
guetter un insecte coprophage (mangeur
d’excréments) appelé scarabée que nous
baptisâmes aussitôt « mange-merde ». Le prof ne
tarit pas d’arguments pour nous faire comprendre
l’utilité de cet insecte. En réalité nous
n’avions que faire de la vie de cet animal si
particulier, noir, avec de grandes pattes,
ressemblant plus à un cafard ou une araignée
qu’à un insecte aussi sympathique que la
coccinelle !
Eh bien
cet homme avait raison ! et j’irai le lui dire
dans la maison de retraite où je sais qu’il
réside maintenant.
En effet,
Laurent Dormont , scientifique rattaché au CNRS,
vient de démontrer que le scarabée des bouses de
vaches est indispensable au bon fonctionnement
de l’écosystème.
Sans ces
bestioles les bouses de vaches certes
biodégradables mais sur une très longue période,
envahiraient les pâturages en les asphyxiant et
les infectant. Dans les années 197O, lorsque nos
premiers bovins (dont des Salers) ont été
exportés vers l’Australie sans « nos bousiers »,
les fermiers ont vite constaté que leurs
prairies se recouvraient peu à peu de déjections
nauséabondes qui empêchaient de nouvelles
pousses d’herbe. Il leur a fallu 15 ans pour
introduire des bousiers.
Dans leurs
observations les scientifiques de l’équipe de
Laurent Dormont ont même pu faire le constat que
ce scarabée ne s’attaquait pas à n’importe quel
excrément, principalement celui des bovins
(expérience réalisée avec des pièges à
insectes).
Dans les
Cévennes où il est envisagé de réintroduire des
bovins, l’équipe travaille actuellement pour
analyser la réaction des insectes plus habitués
aux excréments de moutons.
Globalement,
il n’en demeure pas moins un problème de taille
: certains traitements issus de laboratoires
pharmaceutiques provoquent des effets toxiques
sur les coprophages !
Merci
Monsieur le professeur pour avoir essayé de nous
dire que chaque insecte contribuait à
l’équilibre de Mère-Nature… et c’était en 196O
!
Pardon
Monsieur le professeur si j’ai été plus sensible
au chant du grillon enfermé dans une vieille
boîte de cirage durant les cours que vous
dispensiez du haut de votre estrade !
© af.COULON
ALBEPIERRE
S’il vous
arrive de ne pas savoir où aller faire une belle
promenade lisez le texte qui suit et rendez-vous
sur le lieu… vous trouverez là bien des choses à
voir et des balades à faire dans un décor
somptueux.
Si c’est
la géographie qui a donné son histoire à
Albepierre, ce sont les eaux du Benêt, du Lagnon
et les treize fontaines qui coulent dans le
village qui lui ont donné la vie.
Réfugié au
point de rencontre des criques glaciaires de
Chamalières et du Plomb du Cantal, Albepierre
apparaît comme accouché de la montagne. Sans
doute ébauché par des ancêtres défricheurs de
clairières, il y a des milliers d’années, ses
habitants par atavisme l’ont façonné au fil des
siècles.
Femmes,
paysans, domestiques, penchés sur une terre
rude ont progressivement su maîtriser une nature
au préalable rebelle.
Ainsi
accompli Albepierre sait se perpétuer sans
artifice, en toute simplicité.
Égayant
les franges des bois environnants, le village
continue de tressaillir de présences
ancestrales.
Ses solides demeures campagnardes ont su garder
un caractère permanent et majestueux pour en
aiguiser l’horizon.
La générosité
venue du cœur prévaut aujourd’hui sur la
nécessité imposée par la sévérité d’une vie
rurale toute faite de sueurs.
Mais
demain, peu à peu le village s’échappera vers de
nouveaux villageois arrivés d’ailleurs. Ils
seront très respectueux de ce riche passé
construit avec amour et sens du travail par des
ancêtres qui leur seront inconnus…
et les
enfants continueront d’aller se rafraîchir et
jouer auprès de l’une des treize fontaines du
village.
Voir :
l’église, le four, les croix, l’architecture
générale, les fontaines… Parcourir les chemins
communaux, monter au dessus soit en prenant la
direction du château soit en se dirigeant sur la
route de Prat de Bouc ou La Molède.
Voir
également le site de Bredons, au dessus de Murat
mais commune d’Albpierre (passer par Auzolles
haut et bas puis Pignou).
La situation est grave… mais pas désespérée…
Voilà que commencent à
fleurir dans notre département des enseignes aux
consonances anglo-saxones proposant de « la
bouffe » aux goûts venus d’ailleurs.
Notre terroir nous offre de telles richesses
culinaires que je ne peux croire que nous allons
abandonner peu à peu cet immenses privilège de
savourer : saucisses aux lentilles, tripous,
truffades, chou farci, potée, tête de veau
ravigote, poulets aux cèpes, tartes à la
myrtille…
Notre répertoire régional est trop inépuisable
!
Pour cuisiner aujourd’hui c’est pourtant devenu
simple ! Il suffit de mettre un plat dans le
micro-ondes le matin, de programmer sa cuisson
et le soir, dés la porte franchie, le dîner est
prêt… car le moment du repas est délaissé au
profit de l’émission de télé !
Deux dangers nous guettent si nous n’y prenons
garde : le recul de notre tradition culinaire
auvergnate et l’absence d’éducation aux goûts
culinaires.
Lorsque je demande à mes petits voisins le type
de plat qu’ils aimeraient cuisiner eux-mêmes,
ils répondent à l’unanimité « la pizza ».
Je me souviens – il n’y a pas si longtemps après
tout – que lorsque notre mère nous posait la
même question, ma sœur et moi répondions « du
poulet et des frites » . Du poulet élevé au
fond de notre jardin et des pommes de terre
cultivées par notre père.
J’ai même récemment lu que la poire et la pêche
étaient boudées par les consommateurs car « il
faut l’éplucher ».
Ce n’est pas en engloutissant un yaourt aux
fruits qu’on remplace le plaisir de manger un
fruit frais… Ah ! c’est vrai, il demeure le
risque de tâcher la chemise !
Place est donc faite de plus en plus aux
aliments muets. Désormais nous nous alimentons
au lieu de manger avec régal.
A force de consommer des produits tout prêts
nous perdons le goût de notre cuisine.
Il devient essentiel que nous adoptions, comme
jadis, notre alimentation aux rythmes des
saisons.
Rien ne vaut à mes yeux un produit frais. Pour
cela il nous faut reconquérir une agriculture de
proximité.
Ce pari n’est-il pas intelligent à souhait ? et
régionaliste de surcroît ?
Ce n’est pas pour un ballon ou autre gadget que
nous devons déterminer les choix alimentaires de
nos enfants. Il y a mieux. Ils méritent mieux.
Le pari est donc ouvert. Si des recettes vous
manquent
cantalpassion
peut vous en obtenir.
Je lance d’ailleurs un appel : si certaines
internautes le veulent, elles peuvent nous
communiquer leurs recettes de terroir. Elles
serviront à d’autres et apaiseront nos
consciences, en réjouissant nos palais.
Qu’on se
le dise !
CANTALMITIES
;
Avez-vous entendu parler de la fée verte
Au XIX°
siècle cette fée verte faisait des ravages.
Verlaine et Rimbaud la glorifiait, Manet
l’immortalisa par une toile baptisée «Le Buveur
». Cette fée verte, un apéritif aux vertus
magiques et envoûtantes, était nommée ABSINTHE.
Parmi les absintheurs célèbres et incorrigibles
citons : Beaudelaire, Nerval, les frères
Goncourt, Alphonse Daudet, Toulouse Lautrec, Van
Gogh….
Certains furent d’ailleurs « liquidés » par
cette fée verte.
L’histoire de l’absinthe avait pourtant bien
démarré. Pline l’Ancien et Galien célébraient
ses vertus dés l’Antiquité. Cette plante
médicinale servait à concocter des tisanes
digestives.
A la fin du 18°siècle la potion devint élixir
grâce à un médecin français exilé en Suisse, le
docteur ORDINAIRE. Le breuvage passe alors du
domaine thérapeutique à celui de boisson
apéritive.
Cet apéritif est importé en France par le gendre
du docteur : Henri-Louis PERNOD, installé à
Pontarlier, berceau de la fée verte.
Produit issu de la distillerie d’alcool avec des
feuilles d’absinthe mélangées à l’anis et au
fenouil, il titre 72° !
1830, les militaires de retour de la conquête de
l’Algérie lancent la mode de l’absinthe sous
prétexte de se protéger de la dysenterie.
Devant l’ampleur des dégâts causés par l’élixir,
les députés français votent son interdiction en
1915.
Aujourd’hui l’absinthe est encore fabriquée en
Tchéquie, Espagne et en Andorre.
La Grande Bretagne vient d’ailleurs d’en
autoriser la vente !
Mais savez-vous que notre département, s’il a
sans doute connu la fée verte… a eu aussi – mais
dans des temps plus anciens- sa propre fée verte
nommée l’eau d’or ?
L’eau d’or, liqueur alcoolique, était préparée à
base de vin, d’aromates, d’épices, de miel,
d’eau et fines particules d’or.
Cette boisson avait été inventée par des
alchimistes au Moyen Age. Elle portait alors le
nom d’HYPOCRAS .
Ces alchimistes s’étaient appliqués à rendre
l’or « potable » et l’eau qui en provenait
constituait une panacée infaillible.
Tous les vieux livres de pharmacie ou même de
cuisine ne manquaient pas de donner la recette
de cette potion presque magique (normal en terre
gauloise). Elle conserva sa réputation jusqu’au
18° siècle.
Plusieurs chroniques font état de l’usage de
cette eau d’or (Henri Durif 1807-1881).
A Anterrieux : « Lorsque, en 1586, ARIBERT,
seigneur de Saint Juery, prit possession du
château il entendit la messe dans la chapelle. A
l’Evangile un homme en armes ayant voulu mettre
l’épée nue, ainsi que l’ordonnait l’étiquette,
blessa accidentellement le maître au front.
Beaucoup de sang coula, et ARIBERT devint très
pâle. Comme on craignit une syncope, le
sommelier se précipita hors du sanctuaire, pour
aller quérir de l’eau d’or. Il paraît que
l’indisposition d’ARIBERT passée, l’office
continua. …» Plus avant, en 1275, il est relaté
qu’à Saint Marc «il existait un obit*, fondé par
ROBERT, seigneur de Chaliers, et célébré avec
d’étranges cérémonies. Le clerc étendait sur le
pavé, devant l’autel, une couche de paille et
dessus un drap mortuaire. La messe dite,
l’officiant recevait du curé 3 oublies, espèces
de pains ronds, minces et sucrés ; plus deux
doigts d’hypocras qui était un vin de liqueur
coupé d’épices, de miel et d’aromates. La paille
revenant au sacristain… »
Cantalpassion lance un défi… pourquoi ne pas
ressusciter ce breuvage (les paillettes d’or ne
sont peut-être pas obligatoires !). Qui osera
? Le jeu en vaut la chandelle… l’hypocras
pourrait s’ajouter aux traditionnelles
productions locales : tripoux, cornets de
Murat, croquants de Salers, gentiane….
Un pharmacien avisé et cantalien (de préférence)
pourrait peut-être nous retrouver la recette
mentionnant les proportions exactes !
A vous d’en juger… mais si l’aventure prend
corps les membres de l’association Cantalpassion
et l’auteur de ce texte exigent d’être invités à
la première dégustation. Qu’on se le dise et que
l’on nous tienne au courant.
* obit : service religieux célébré par
fondation pour un défunt à la date
d’anniversaire de sa mort. af. COULON
* "L'abus d'alcool peut être dangereux... A
consommer avec modération"
L’EAU
L’eau de mer
représente 97,5% de l’eau de notre planète. Les
2,5% d’eau douce proviennent aux 2/3 des
glaciers et le tiers restant, soit 110.000
milliards de m3, de la pluie, dont 70.000
milliards de m3 s’évaporent en permanence. Sur
les 40.000 milliards restants, 20% sont peu
accessibles. Au bout du compte 32.000 milliards
de m3 sont disponibles. Ce qui est largement
suffisant pour les besoins de l’humanité.
Le problème ? c’est que ces 32.000 milliards
sont très inégalement répartis.
Certains scientifiques étudient la possibilité
de dessaler l’eau de mer par un procédé
“d’osmose inverse”. Ce procédé est hélas déclaré
très couteux.
Aujourd’hui la guerre menace pour la raison
essentielle du pétrole… si vital pour les pays
riches !
Ne serait-il pas possible d’envisager des
échanges EAU PETROLE ? Il existe de grands
oléoducs qui conduisent l’or noir sur des
milliers de kilomètres pour l’acheminer vers des
ports du Moyen-Orient.
Pourquoi n’existerait-il pas des oléoducs pour
diriger notre eau vers le Moyen-Orient ou les
rives de la Méditerranée ?
L’Auvergne est riche de ce trésor que je
qualifierai d’or bleu (couleur du reflet d’un
ciel pur sur nos lacs, ruisseaux, rivières,
fontaines…). Certes les politiques de nos
communes à l’égard de l’eau sont encore trop
aléatoires et faites de “bricolages” ! beaucoup
d’habitants manquent d’eau quand arrive la
saison estivale tandis que d’autres (ou les
mêmes) sont appelés à consommer une eau polluée…
ces situations sont anormales mais pas sans
solution. Il suffirait de décider et d’agir.
Mais qui osera imaginer que nous pourrions
exporter notre abondance d’eau?
Plus besoin de dessaler ! Plus besoin d’usines
coûteuses ! La mise en place d’oléoducs- qui
prendraient alors leur véritable nom d’aqueducs
( du latin aqua ductus –conduite d’eau-)- serait
sans aucun doute d’un coût moindre et d’une
efficacité certaine !
Certains m’accusent déjà de rêveries… sans doute
oublient-ils que l’échange nous permettrait de
redécouvrir le vrai sens du mot commerce
(actvité qui consiste en l’achat, la vente ou
l’échange de denrées ou marchandises…).
Ne croyez-vous pas que le jeu en vaut la
chandelle ? J’ai même envie de dire que l’eau
vaut la flamme.
Quels bonheurs que de pouvoir envoyer de l’eau
qui servirait à rendre des peuples plus
autonomes, en leur offrant la possibilité de
cultiver ou d'élever pour se nourrir, faire
commerce et parvenir à un niveau d’hygiène
respectable !
L’eau, symbole de Paix par l’échange entre les
peuples… n’est-ce pas là l’essentiel ?
Mais cette Paix est plus dure à réaliser que la
guerre.
Dommage ! vraiment dommage!
NB : Les chiffres mentionnés au début sont
diffusés sur le site www.odmer.com
af.COULON
Saint
Valentin fête des amoureux , .
A celle que
nous devrions tous aimer…
J’en veux à ce temps qui sans cesse défile
La passion dans nos cœurs reste indélébile
Par les cinq sens tu dérègles nos désirs
A jamais je ressens et entends tes soupirs.
Les braises de ton volcan sont restées allumées
Éclairant les noirs ennuis de nos longues
soirées.
Ailleurs c’est le désert si l’on reste près de
toi
Dans tes mille couleurs nos regards se noient
Ta verte chevelure apaise toutes rages
Augure d’un fabuleux destin sans cage.
Ton manteau neigeux si largement déployé
Accroche les muses sur tes flancs escarpés
Le bleu de tes rivières taquine l’émotion
Imprime turquoise les toits de nos maisons.
Confondus au basalte ses solides habitants
Fiers mais discrets veulent aller de l’avant.
Haute-Auvergne tu es à nulle autre pareille
Aide-nous à rester lucides et bien en veille
Pour que notre passion ne jamais s’éteigne
Et que ta douceur de vivre nous étreigne.
Un Cyrano à sa douce aimée.
LES
WALKYRIES DE SAINT SIMON…
En ces temps là, les bergers de Saint Simon
évitaient le « Suc des Dames », prétendu lieu
de rassemblement des fées (fades). En faisant
paître leurs troupeaux à cet endroit un mauvais
sort risquait d’atteindre leurs moutons ;
souvent ils avaient constaté que l’herbe fraîche
du soir s’y retrouvait tassée et piétinée le
lendemain matin. Les fées avaient tenu leur
rassemblement nocturne. Ces fades disposaient
d’un pouvoir exceptionnel. Sous une apparence
séduisante ces blanches filles du démon
cachaient une volonté de vengeance.
Un soir d’été 1632, dans l’une des auberges de
Saint Simon, Pierre Mousset imbibé de vin à
souhait, paria qu’il irait cette nuit même
surprendre les demoiselles dansant au Suc des
Dames.
Le pari engagé, Pierre prit sa musette et partit
à travers bois, du côté de Mazic. Persuadé que
les fées n’existaient pas, il avançait cependant
avec quelques inquiétudes… mais le pari était
engagé. Il fallait maintenant aller jusqu’au
bout.
La nuit était claire, la lune pleine, la nature
tranquille. Cela lui suffit à retrouver du
courage pour poursuivre son chemin.
Pierre marchait et il ne lui restait plus qu’une
colline à franchir pour arriver au suc. Ce
dernier sommet franchi, il distingua au loin une
douzaine de demoiselles qui dansaient et
folâtraient autour du mamelon. Il poursuivit son
avance.
Pierre qui était aussi ménétrier, commençait à
dessaouler. Marche et émotions l’avaient aidé à
écluser.
Il remarqua la pâleur des fées et s’étonna que
chaque fois que leurs mains se touchaient il lui
parvenait un son creux pareil à des os qui
auraient été privés de chair.
Il s’immobilisa, admirant les demoiselles,
contemplant leurs formes lascives qu’un simple
tissu enfermait dans une prison transparente.
Envoûté par un tel spectacle il se crut de la
fête, sortit sa cornemuse et commença à
interpréter ses plus beaux airs.
Aussitôt les fades s’enfuirent. Deux seules,
moins peureuses, s’approchèrent et vinrent
lutiner l’homme à la musette, ravi.
L’une enleva son chapeau et disparut avec.
L’autre lui vola trois roses attachées à son
gilet. Pierre la poursuivit voulant récupérer
son bouquet mais surtout espérer autre chose.
Quoique courant il ne put l’atteindre et quand
il y parvint cette maîtresse impalpable lui
glissa entre les bras.
Ils firent ainsi beaucoup de chemin et
parvinrent jusqu’à l’escarpement où l’on domine
Belliac.
Arrivé au bord du précipice le ménétrier voulut
rétrograder, mais la fée s’approchant lui dit
tout bas, une douce parole et la montagne
retentit aussitôt d’un bruit de chute et de
quelques plaintes.
Le lendemain on retrouva Pierre, le corps
mutilé, la tête sanglante, n’ayant plus qu’un
léger souffle de vie.
Prés de lui gisait sa cornemuse encore gonflée.
On ne retrouva jamais le chapeau ni les fleurs.
Le malheureux n’eut que le temps de raconter son
aventure. Il demanda pardon à Dieu en
souhaitant, s’il devait mourir, trouver un
paradis rempli de fades. Il reçut l’absolution
et trépassa.
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