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Le
village :L’authenticité
de chacun est le garant du bonheur de tous.
« Ah ! de mon temps ce
n’était pas comme ça… »
LE VILLAGE.
L’authenticité
de chacun est le garant du bonheur de tous.
Le village est
la forme de communauté humaine la plus
authentique qui soit : « village » n’est-il
pas en Français masculin, alors que la ville
est au féminin ? Cela signifiait, à
l’origine des temps, que le village était
autonome, fonctionnel, par opposition à la
ville irrationnelle, erratique, subjective.
Roupnel dit que
le village est né de chemins qui retournent
toujours vers lui, alors que la ville est
faite de rues qui mènent à une autre
ville ».
Le village
moderne naît non pas à l’époque où la
première chaumière s’élève dans la clairière
au milieu d’un cercle de chasseurs-magiciens,
mais le jour où les Gaulois, pris entre
ambitions de l’Empire Romain et les
invasions barbares, déclarent fièrement
préférer une vie pauvre et indépendante avec
les barbares (souvent ceux qui parlent une
autre langue), plutôt que les taxes des
Romains. Ils favorisent donc l’infiltration
des Burgondes, malgré le beurre rance dont
ils parfument leurs cheveux, et celle de
Clodion le chevelu, les mariages
mixtes….néanmoins les temps ne sont pas
sûrs. Il est prudent de s’attacher à un
homme puissant, même s’il s’agit d’un romain
qui a une villa dans un coin protégé. Ce
sont des îlots de civilisation rurale où
coexiste le chef de guerre, les travailleurs
nécessaires à l’autonomie du domaine, les
administrateurs et parfois les parasites.
Sous
Charlemagne et ensuite le régime féodal
s’affirme, chacun apprend son rôle, comme à
l’école.
Dés le 12°
siècle, le village a atteint la forme
pyramidale que nous lui connaissons : au
sommet le château, à la base la rivière et
sur les bords, les poteries, les tanneurs….
L’idée du
marché est créée, celle du pèlerinage aussi,
souvent associé à la fête, car on reconnaît
les bienfaits de la légèreté de conscience.
Les relations
de vassal à suzerain ne sont pas encore
difficiles : la chasse du seigneur protège
les récoltes des sangliers. La révérence du
paysan autorise tout de même la fête des
fous à Noël et les jeux de quintaine qui
caricaturent l’entraînement des nobles.
Le dimanche
après la messe, on danse bonnement, mêlé à
la famille du seigneur. Au lit de justice
chacun est supposé pouvoir dire ce qu’il
pense.
Le paysan, lui,
le « manant », le « villain », celui qui est
attaché à la terre par les banalités, la
gabelle, la dîme… dont il ne peut se
soustraire parce qu’il n’est pas assez
riche, est aussi lié à son état par une
belle fierté, un réel amour pour le suzerain
et les occasions de rêver, de se mouvoir
librement. Le don de l’admiration, du
merveilleux, est sien… effaçant son passé
« païen ».
Malheureusement
les guerres de religions sont l’occasion de
beaucoup de ravages. Les diverses factions
politico- religieuses se battent à coups de
destructions des villages ennemis.
Au XVII°
siècle, le château et le village se
rapprochent encore, car un noble ruiné est
plus semblable à ses paysans qu’aux nobles
de Versailles. Il ne devient plus rare de
rencontrer de petits nobles qui n’aient pas
dans leurs enfances, partagé les jeux des
villageois. Les danses des uns et des autres
se mêlent : bourrée et menuet par
l’intermédiaire notamment de Madame de
Sévigné. Les modes vestimentaires
s’échangent, fût-ce à la suite d’erreurs :
Margot et les villageoises d’Usson. Le
caraco remis à l’envers et plus tard adopté.
Les « Bergeries
littéraires » fleurissent et à quelques mois
de la Révolution, Marie Antoinette joue à la
bergère, ce qui ne la protège pas le moins
du monde. Or les malheurs du monde paysan,
qui avaient très largement contribué au
déclenchement de la Révolution, ne trouvent
aucune solution dans ce que les nouveaux
gouvernements mettent à la place de l’Ancien
Régime : l’anticléricalisme est une
catastrophe pour les villageois parce que
l’église procurait assistance, éducation,
parfaite justification de l’existence du
paysan qui arrivait à se reconnaître dans
les paraboles pleines de bergers, de
semeurs, de vignerons. Par comparaison les
fêtes révolutionnaires paraissaient trop
abstraites et artificielles mis à part
l’arbre de liberté.
Napoléon 1°
signe le véritable avènement du village
moderne quand il aligne son administration
sur celle des villes et le dote d’un maire.
Du même coup il s’ouvre sur la commune, et
forme un groupe où se distinguent hameaux et
villages. Désormais les technologies
modernes vont l’atteindre : nouveaux modes
de communication, la route réorientant ses
activités, le train qui tue la gabare et le
prêtre qui tonne contre lui, en chaire.
Le village
n’est donc plus soumis à la seule autorité
ecclésiastique. A ses côtés, en plus du
poids immémorial et sentimental du
châtelain, est arrivé le Maître d’école
laïque. Pour peu que l’instituteur aille à
la messe, que le maire soit socialiste, le
villageois ne sait plus à quel saint se
vouer, alors même que, s’il est sincère avec
lui-même, chacun reconnaît qu’une seule
chose compte, épouser les rythmes de la
terre. Rien de fondamental dans la vie des
villages ne va changer, par delà les trois
guerres mondiales, jusqu’aux années 50 où la
désaffectation devient générale : l’appel
des Industries ! de la Mode ! le refus d’une
vie supposée trop dure !
Il faudra une
renaissance du phénomène considéré a
posteriori pour faire saisir à tous que le
village est la vérité, la ville, une
fantaisie.
Qui mieux que
les écrivains romanciers, expriment à quel
point dans un village la terre se mêle aux
êtres !
L’avenir des
villages est désormais assuré : l’art se
restaure par goût de la beauté, la vie
ralentit son rythme par nécessité pour ceux
qui vieillissent. Le désir de forger des
liens avec les morts font resurgir des arts
de vivre : calligraphie, broderie, écriture,
vénération du loup, bénédiction du pain, des
bergers, reconstitution des veillées… nous
avons plusieurs vieilles vies. Nous marchons
avec la vie neuve mais sentons confusément
les anciens rêves qui se meuvent. C’est
cette force qui nous presse pour une
destinée en dehors de laquelle nous ne
sommes que fugace circonstance. Dans ces
circonstances, qu’une maison de village
Français soit achetée par une famille
Anglaise, Africaine, Turque, Belge ou
Hollandaise n’a absolument rien de
scandaleux pourvu que des deux côtés on
envisage l’expérience avec loyauté : aide
dans un sens, acquisition de la langue de
l’autre. Sinon tout le monde y perdra et ce
serait dommage. L’authenticité de
chacun est le garant du bonheur de tous.
« La terre
donne au village sa substance, sa couleur,
et à l’homme sa maison, sa rue, son âme.
LE CŒUR HUMAIN
EST LE MEILLEUR DES OUTILS DE COHESION QUI
EXISTE.
Et le lieu tout
entier, surmonté du château en ruines, de la
statue ou de la croix qui l’a remplacé,
montre du doigt l’idéal à atteindre : LA
PAIX.
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« Ah ! de mon temps ce
n’était pas comme ça… »
L’histoire, la beauté, l’âme et le vécu de
nos anciens nourrissent la plume du modeste
auteur que je suis devenu.
Le passé
de notre terre cantalienne, riche de
bouleversements sismiques, d’invasions,
d’évolutions rurales….
La beauté
incontestable de nos paysages, colorés par
chaque saison…
L’âme
de ce pays qui paraît souvent endormie mais
qui recèle en réalité de tant d’énergies
créatives et de passions constructives !…
Le vécu
de nos anciens qui savent si bien
transmettre oralement une tranche de leur
vie, un évènement douloureux ou heureux, une
évocation poétique, une histoire drôle….
C’est incontestable, notre patrimoine est
là. Il est riche, nourrissant, réconfortant.
Il ne peut que nous contraindre à le faire
partager et découvrir par ceux qui nous
visitent ou viennent vivre avec nous.
Une seule chose me fait subir de violentes
poussées d’adrénaline : « notre village,
n’est plus ce qu’il était avant. Il n’y a
plus de solidarité. Les nouveaux venus ont
tout chamboulé… »
NON, NON et NON !
Il ne faut pas oublier que l’entraide
d’autrefois était celle issue de la misère,
de la pénibilité des travaux ruraux, de
l’isolement, du manque de bras et de
machines.
Il faut prendre conscience que notre pays
n’a pas le droit de n’appartenir qu’à ceux
qui y sont nés. C’est de la mixité que
naîtront l’enrichissement et la
complémentarité.
Aujourd’hui les travaux agricoles sont
accomplis à l’aide de machines qui ne
nécessitent
que deux bras et c’est très bien ainsi.
Certes la télévision a sans doute organisé
d’autres types de veillées…. mais rien ne
nous empêche d’organiser des soirées de
veillées, entre amis, voisins…Dans un
prochain livre « Contes et cancans du cantou »
vous trouverez des histoires de veillées à
redire, à faire vivre… les mêmes que celles
que m’ont raconté : Victorine, Jeanne,
Marie, Guillaume, Pierre, Adrien, Denis…..
Commencez par faire parler les anciens qui
appartiennent encore à votre famille…et vous
verrez que vous vivrez un excellent moment
et que vous apprendrez des choses qu’il vous
faudra transmettre à votre tour pour que se
perpétue notre histoire sans regrets, sans
nostalgies inutiles, sans misérabilismes.
Notre site se veut le reflet de ce qui se
dit et se fait de mieux par le pays. Nos
villages vivent autrement : avec la voiture,
la télé, le portable, internet… La
solidarité existe, je dirai même qu’elle est
plus grande…. Elle ne se manifeste pas
seulement au profit des grandes causes
nationales (Téléthon, Sida, Mèdecins sans
frontières, Secours catholique ou
populaire…) mais également par des petites
aides de voisinage, d’entraide de recherches
sur notre site, de témoignages…. Cherchez
bien et vous n’aurez pas de mal à en
trouver.
Allez sur ce, je dis à toutes et tous BONNE
ET HEUREUSE ANNEE 2006. Que les 365 jours
qui suivent vous apportent la Santé bien
sûr, mais aussi mille instants de petits
bonheurs à vivre au quotidien. Le bonheur
n’est pas tissé d’un état de béatitude
permanent mais de moments présents.
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