|
LA
PIE N’ENCHANTE PLUS….
Célébrée par les Arts d’hier : Jean de la Fontaine (1670),
Buffon (1800), Rossini (1817), Claude Monet (1869) … ce
sympathique passereau d’alors, serait-il à présent condamné et
assassiné, par les hommes d’aujourd’hui ?
« L'Aigle,
Reine des airs, avec Margot la Pie,
Différentes d'humeur, de langage, et d'esprit
et d'habit,
Traversaient un bout de prairie.
Le hasard les assemble en un coin détourné…. »
écrivait Monsieur de La Fontaine dans « L’Aigle et la Pie ».
Buffon, dans son histoire naturelle rapporte les talents
d’imitation de la pie et lui attribue le surnom de « Margot »,
mot qu’elle prononce le plus facilement.
Rossini, dans son opéra « La pie voleuse » s’inspire d’un
fait réel : Ninetta, jeune servante est accusée par ses maîtres
tyrans, du vol de cuillers en argent. La jeune fille sera pendue
avant que ne soient découverts, dans le nid d’une pie sans
scrupules, les couverts dérobés.
Enfin, Claude Monet réalisa en 1868 un célèbre tableau intitulé
« La pie »
- reproduit ici.

Dans un arrêté N° 2007-777 en date du 31 MAI 2007, le Préfet de
notre département et le conseil départemental de la chasse
donnent droit de destruction des animaux nuisibles : martres,
ragondins, rats musqués, renards et PIES BAVARDES. Le
motif évoqué est la « protection de la santé publique et
espèces domestiques ».
« Boîtes à fauves, cages, nasses et belletières » sont
autorisées !
Bec puissant, robe de blanc et noir irisé, longue queue à
reflets métalliques… vigilante, craintive et peu farouche…
pourquoi tant de haine à ton égard, oh ! pica (nom latin) ?
Tu construis ton nid à la cime des arbres en prenant grand soin
de l’équiper d’un toit ajouré afin de protéger tes petits des
pilleuses corneilles. Ton couple est uni à vie.
Souvent tu cherches nourritures auprès des hommes, omnivores
comme toi et te montrant facile à domestiquer.
Je me suis même laissé compter par Michel, un ami, que son grand
père avait récupéré une petite pie tombée du nid… et celle-ci
fit durant de longues années la joie des enfants et voisins en
apprenant à jacasser avec eux. Quelles menaces pour leur santé ?
Pie, je veux encore
T’entendre jaser
Au diable les pécores
Soucieux de te piéger.
Qu’ils fassent œuvres d’Arts
Plutôt que fossoyeurs
Un Cantal sans écarts
Les fauves sont ailleurs.
©
af.COULON
Tout vient
à point pour qui sait attendre !

En
Auvergne, et peut-être plus particulièrement dans notre beau
département du Cantal, les idées mettent parfois du temps à
faire leur chemin.
Il y a
quelques temps j’avais commis une chronique sur la mauvaise
utilisation que nous faisions de l’aire de repos du viaduc de
Garabit située sur l’autoroute PARIS – BEZIERS.
Cette
rubrique (sans doute un peu violente !) me valut alors quelques
réactions « administratives » issues des services concernés.
Mais
quelle joie de constater que tout récemment le journal LA
MONTAGNE, rendait compte d’une modification importante apportée
au fonctionnement de cette aire et inaugurée en grandes pompes
par les autorités locales et départementales.
Le lieu
devrait devenir plus actif, grâce à une prise en charge par des
organisations touristiques locales avec perspectives de réaliser
(en collaboration avec les acteurs économiques départementaux),
une promotion des lieux et produits locaux.
Bravo !
Messieurs… c’est exactement ce que je formulais… il y a déjà
quelques temps.
Tout vient
à point pour qui sait attendre !
Il nous
restera à juger sur place !
Rassurez-vous, ce sera fait !
©af.COULON
CANTAL…..PAYS… SAGE.
À l’heure où le soleil
commence à disparaître derrière les hauteurs du volcan
cantalien, emporté par un ciel rougeoyant, Lucien sort de sa
modeste demeure pour aller profiter de la douce chaleur
vespérale.
Il descend dans le bas du
village, prés de l’ancienne mairie. Là, se trouve l’une des
treize fontaines. Celle-ci alimente 5 abreuvoirs rectangulaires
en escalier, destinés autrefois à abreuver les bêtes de retour
du pacage. L’homme s’assoit tout prés, sur une pierre plate.
Ainsi chaque soir de beau temps, il regarde arriver promeneurs
ou villageois de retour des sentiers ou des champs.

Rares sont les randonneurs
qui lui adressent la parole. Les gens du pays, quant à eux, lui
crient (il est devenu un peu sourd !) : « Alors Père Lucien, on
prend le frais… ». Cet homme est respecté de toutes et tous.
Veuf depuis quarante bonnes années, il a su traverser une vie de
paysan dans la sagesse, le savoir-faire, l’honnêteté, la
simplicité et le service. Il est, de surcroît, devenu le doyen
du village.
Nombreux ont été ceux et
celles qui ont su lui demander conseils sur la façon de soigner
un animal malade, amender un sol, construire un abri pour les
volailles ou les veaux, faire du pain, chasser le sanglier ou le
renard….
À présent les jeunes ne
lui demandent plus rien : « ils sont allés à l’école
d’agriculture ». se plaît-il à dire.
Qu’importe !
Rien ne remplacera pour
lui cette quiétude générée par cette petite heure passée prés
de cette fontaine d’eau fraîche, venue de la source de l’un des
prés qui lui avait appartenu. Il avait accepté qu’elle fût
captée et profite à tout le village.
Ce soir, c’est un jeune
marcheur, harnaché d’un imposant sac à dos, qui interpelle le
vieil homme :
« Dites-moi, mon brave,
les gens de ce village sont ils agressifs, méfiants et
bougons ? »
Lucien lui répond : « Les
gens de là d’où tu viens étaient-ils agressifs, méfiants et
bougons ? »
« Oui, mon brave »
rétorque le jeune homme
« Alors, oui mon gars,
ici, les gens sont agressifs, méfiants et bougons ».
Le lendemain, un autre
randonneur vient se rafraîchir à la fontaine et interroge
Lucien :
« Bonjour Monsieur, les
gens de votre village doivent être accueillants et joyeux ? »
« Les gens que vous avez
laissés, étaient-ils hospitaliers et joyeux ? »
« Oh oui, Monsieur ! »
« Alors mon jeune ami, ici
toutes et tous sont accueillants et joyeux. »
Ayant entendu ces propos
je demandais à Lucien :
« Lucien, pourquoi avez-vous
formulé des avis si contraires ? »
« Tu vois… le premier
avait un cœur agressif, méfiant et bougon ; le second avait un
cœur accueillant et joyeux. Les yeux que tu as en toi te font
regarder les autres comme est ton cœur. »
Janvier
2007
Réagissez à cet article
BANAL CONSTAT ……
OH ! je vous entends vous
lamenter… vos enfants parlent SLAM, chantent RAP, écrivent
TEXTO.
Nad a kc oto, rv milk kf
16 h.
Langages de la rue. Out
l’école et sa grammaire. Distance prise avec la langue de
Molière.
Trilinguisme constaté : la
rue, l’école et la mère.
Mais le phénomène est-il
vraiment nouveau ?
Je vous laisse juges.
IMAGINEZ ! Nous sommes en
1930, dans un village du Haut Cantal. 400 habitants. Un tiers
composé de paysans, un autre tiers d’ouvriers agricoles et le
dernier tiers travaillant à la scierie ou à la carrière du pays.
Comme partout : un maire,
un instituteur et un curé.
A l’église on écoute la
messe et on chante en latin.
A l’école on récite en
français exclusivement.
A la maison on parle la
langue maternelle : le patois.
Triluingisme déjà !
Le « Guillot » -livre de
lecture de l’époque- démarre sur l’apprentissage du « i »
puis le « in ».
« Le lapin. Maman
chante le matin. Le ruban de satin fin. »
Autant de « in »
qui traumatisent les jeunes lecteurs, trop habitués au parler de
la maman : « lapi… mati… sati fi… ». Dur, dur ce
« n » à prononcer.
Et ne parlons pas de ces
mots patois qui adoptent un genre différent en français !
Personne n’a vraiment dit
aux élèves que leur langue maternelle remonte loin, très loin.
Qu’elle vient du latin. Un latin qui a su s’adapter aux formes
orales des pays conquis.
Mais la Révolution a
chassé les patois. Menaces aux propagandes révolutionnaires. Le
Français devient alors un outil d’unification.
A cette époque le patois
n’était pas toléré. On disait que ce n’était pas une langue. La
preuve ? Elle ne s’apprenait pas à l’école.
Et le maître sévissait
sans avoir vraiment pris conscience qu’il n’était pas aisé de se
débarrasser de sa langue maternelle au seuil de la classe.
Mais la morale officielle
était là.
La punition ( pour qui
parlait patois) : « le signe ».
Chaque matin, dès 8 heures
et avant la leçon de morale, il y avait la cérémonie du
« signe ».
En début d’année scolaire,
le maître avait donné une bobine de fil vide à l’élève qui avait
le premier parlé patois. Sur cette bobine était inscrit
« Bon pour cent lignes ».
Lorsqu’un élève avait la
bobine, son seul souci était de trouver un camarade qui avait
parlé patois devant lui, afin de lui refiler la chose punitive.
Ainsi chaque jour le
maître demandait à connaître le porteur de la bobine qui
disposait de la journée pour accomplir sa sentence et surtout
ouvrir la chasse pour trouver un nouveau « patoisant »… histoire
de se libérer du « signe ».
Comme chacun peut en
juger : l’histoire est un éternel recommencement.
Réagissez à cet article
©af.COULON |